Chômage : Polémique sur les emplois aidés et le « traitement social du chômage »

La nouvelle politique d’emplois aidés génère une polémique chez les spécialistes du marché du travail, autour de l’inutilité apparente de cette politique sociale qu’on appelle depuis 40 ans « le traitement social du chômage ». C’est à dire la créations d’emplois inutiles financés sur fonds publics pour faire sortir pendant un temps une typologie de chômeurs (jeunes ou longue durée…) des statistiques du chômage.

L’idée initiale était de leur mettre le pied à l’étrier et de leur donner accès au monde du travail avec un premier emploi qui permet de remplir un CV.

Idée généreuse, mais qui n’a pas fonctionné, quels que soient les régimes politiques qui l’ont mise en oeuvre.

Pourquoi les emplois aidés ne règlent pas le problème du chômage?

Parce que, comme tout remède appliqué à un symptôme sans en comprendre la cause, il répond ponctuellement, à court terme, au problème, mais ne met pas en place de solutions de long termes, seules susceptibles d’éviter la rechute.

Or, si la politique des emplois aidés dans le secteur privé fonctionne, à l’inverse des emplois aidés du secteur public, c’est principalement parce qu’elle répond à un besoin des « employeurs », et non des salariés. Aucune embauche sérieuse ne se fait si le poste est purement surnuméraire. Hormis sur usenet et facebook, pour changer une ampoule il suffit d’une seule personne! Embaucher un jeune au chômage n’a de sens que si son embauche remplis un besoin pour la personne, publique ou privée, qui l’embauche. Sinon, il suffit d’un stage « secrétariat »!

En fait, ce qu’il manque aux emplois aidés publics, c’est une politique de formation, pour être certain que l’employé sort bien de cette période « aidée » avec un bagage technique qui lui permettra de s’insérer dans le marché du travail. C’est cette aide qui est indispensable, et qui n’est jamais mise en place pour les emplois aidés publics, qui fait défaut.

En définitive, hormis pour le bénéficiaire de l’aide ponctuelle, l’emploi aidé ne profite pas. Il ne crée pas de richesses et ne crée aucun emploi réel. Ce n’est qu’une politique de dépense publique de plus!

Ariel DAHAN

Assassinat de deux gendarmes à Colobrières : Pourquoi? Comment?

Deux gendarmes (femmes, certes, mais gendarmes surtout, donc hommes d’armes) ont été tuées dimanche 18 juin 2012 à Colobrières (Var) après que l’individu qu’elles étaient venu interpeller à son domicile (sur les causes d’un vol de sac à main) ait pu récupérer l’arme de l’une d’elles et la tuer à bout portant, avant de tirer sur sa collègue. Le suspect aurait reconnu les faits.
 
Après l ‘émotion légitime et les condoléances aux familles des victimes, l’une des gendarmes abattues étant mère, autorisez-moi deux réflexions dont une sera grinçante:
 
1- Pourquoi?
Je suis toujours stupéfait de voir qu’il existe encore des individus qui n’ont aucun respect ni aucune crainte de la maréchaussée. C’est particulièrement inquiétant. Nous sommes loin du temps où l’apparition du « Gens d’Arme » ou du « Gardien de la Paix » suffisait à pacifier un litige, et à appaiser une rue.
Cette dérive a commencé il y a longtemps, et se perpétue aujourd’hui à tous les niveaux de la société : l’inconscience, ou plutôt une théorie nouvelle qu’il mériterait de développer par ailleurs : l »A-conscience » (le fait d’être conscient de son action, mais de n’y avoir pas réfléchi, ou de n’avoir pas les acquis suffisants pour anticiper les conséquences). Il y a urgence à re-former les individus. C’est un travail de tous les corps constitués : Enseignement National, Partenaires sociaux, Justice… Mais également hommes politiques.  L’exemple doit venir d’en haut. Le sentiment d’impunité doit disparaître, et la crainte du gendarme revenir en force!
 
‎2 – Comment?
voilà la réflexion grinçante, que j’émet avec beaucoup de réserves et d’humilité. En demandant d’avance pardon à ceux qui s’en sentiront offensés.
Comment est-il possible qu’un groupe de deux gendarmes armés et entraînés se fasse désarmer et tuer de la sorte?
Certes, les deux gendarmes étaient des femmes. Mais des femmes militaires, entraînées à de telles opérations. Et l’un des équipiers était supposé protéger l’autre.
Certes, les deux gendarmes intervenaient pour un vol de sac à l’arraché. Elles pouvaient ne pas être informé du risque réel. Mais ce qui m’interroge, c’est précisément la difficulté qu’elles ont eu de réagir face au comportement agressif du prévenu.
 
Déjà il y a 6 ans, à l’occasion du viol de deux femmes policières en pleine journée à Bobigny, la même interrogation se posait? Comment des policiers, supposés garantir la sécurité du public, peuvent se sentir à se point en danger qu’ils en deviennent des victimes?
Cette réflexion m’amène à me dire qu’il est urgent de repenser l’entraînement des forces de police et de gendarmerie ainsi que la composition des équipages.
Pas pour accuser les victimes. Au Contraire. Pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.