Les habits troubles du nouveau mouvement Gay/Lesbian et ses contours nationalistes

Un article de Jean Birnbaum publié dans Le Monde du 30/06/2012 interroge le lecteur sur une dérive nationaliste de certains mouvements de défense des droits des homosexuels.
http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/06/28/le-nouveau-nationalisme-est-il-gay_1726290_3246.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20120701-[titres]

La question posée : Le nouveau nationalisme est-il gay? n’est pas iconoclaste ni impensable en elle-même. Etre libéral de comportement sexuel n’interdit pas d’être nationaliste. Aucune logique ne vient l’interdire. L’orientation sexuelle ne devrait à priori rien avoir de commun avec l’orientation politique.
Cependant, ce serait une première, sachant que les mouvements gay & lesbians se situent traditionnellement à gauche de l’échiquier.

Surtout, l’idée qu’un mouvement LGBT (Lesbian, Gay, Bi & Transexuel) puisse promouvoir des thèses d’exclusion nationaliste questionne le lecteur. Et visiblement aussi Judith Butler, icône mondiale du mouvement LGBT (lesbien, gay, bi et trans).

« Nous sommes enrégimentés dans un combat nationaliste et militariste »

Le 19 juin 2010, par ces quelques mots, Judith BUTLER, invitée à recevoir le « Prix du courage civique » à Berlin, a semé le trouble, voir la panique, en le refusant publiquement en grand scandale, proclamant que la lutte contre l’homophobie aurait dégénéré en action xénophobe voire raciste.

De fait, la question semble se poser de plus en plus.

Aux Pays-Bas : le parti populiste oppose les droits des homosexuels à la menace islamiste.
Aux USA, les actions LGBT seraient considérées comme islamophobes (!)
En Suisse, l’Union Démocratique (parti réputé xénophobe) s’offre sa section gay.
En Angleterre, la Ligue de Défense angalaise a organisé sa Gay Prise dans un quartier musulman de Londres.
Au Danemark, les organisateurs de la Gay Pride ont décerné le Prix de l’homophobie aux pays musulmans ?
En France, le débat est partagé. Didier Lestrade (Act-Up Paris) publie Pourquoi les gays sont passés à droite (Seuil, 144 p., 14,70 €), dans lequel il indique

« Tous mes amis ou presque confessent une gêne grandissante vis-à-vis de la banlieue, des Arabes et des Noirs. »

De l’autre côté, les militants demandent à ne pas être instrumentalisés.
Cependant il semble que la tentation « homonationaliste » serait réelle au sein du LGBT.

A vous de vous faire votre opinion.

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